Journée d’étude 2021 d’Open Museum

21.09.2021

 

La première grande journée d’étude Open Museum consacrée à l’inclusion et à la participation a eu lieu le 9 mars 2021.

Lors de cette conférence, Brussels Museums a présenté les ambitions de son projet et a invité activistes externes et professionnel·le·s des musées à venir discuter de la manière dont les espaces muséaux peuvent être ré-imaginés pour devenir des safe(r) spaces. Co-commissionnée par Gladys Vercammen-Grandjean (coordinatrice d’Open Museum), Anne Wetsi Mpoma (Wetsi Art Gallery) et Jessica Gysel (Girls Heart Brussels, Girls Like Us Magazine) en collaboration avec Zinnema, la journée s’est déroulée virtuellement en raison des mesures sanitaires.

La thématique centrale de la journée était de repenser l’espace muséal, des collections jusqu’aux structures. Les barrières qui tiennent les personnes à l’écart de ces institutions culturelles ne sont en effet pas toujours physiques, mais aussi sociales, économiques et structurelles.

L’objectif est de rendre les musées des espaces plus ouverts ; en faire des espaces qui accueillent et représentent activement la nature polyphonique de la société, dans son contexte bruxellois et son histoire.

Grâce aux interventions intéressantes et approfondies des participant·e·s, il est évident que certains récits, bien que très présents dans notre société, sont nettement absents de la plupart des musées. Si les musées veulent accueillir un public plus divers, ils doivent prendre le temps de réfléchir à leur personnel, à leur histoire et aux perspectives qu’ils mettent (ou non) en évidence.

Les défis de ce siècle sont multiples et les musées sont des institutions qui peuvent jouer un rôle de premier plan dans les changements à venir. En rejetant le présupposé de la neutralité sur lequel ils ont été fondés, les musées peuvent s’engager ouvertement dans la création d’une démocratie plus participative où la population peut discuter des problèmes actuels auxquels nos cultures sont confrontées.

Les rapports de la journée d’étude se trouvent ci-dessous en version PDF ; l’entièreté du contenu est disponible en français, anglais et néerlandais.

 

Journée d’étude 2021 d’Open Museum

Open Museum Studiedag 2021

Open Museum Study Day 2021

 


 

Voici une brève introduction aux questions abordées lors de la journée d’étude.

 

Open Museum – Une Introduction par Gladys Vercammen-Grandjean, Coordinatrice d’Open Museum

Qu’est-ce qu’Open Museum? Quel est l’objectif du projet pour 2021?

 

Open Museum – Une Introduction par Co-commissionnaires Anne Wetsi Mpoma et Jessica Gysel

Le concept de safe space et les questions critiques à poser.

 

Healing the Museum – Une performance meditative par Grace Ndiritu

Grace Ndiritu nous invite à nous mettre dans le bon état d’esprit pour aborder les questions qui seront soulevées pendant la conférence. En 2012, Ndiritu est allée vivre dans une série de communautés rurales alternatives, élargissant ainsi un corps de recherche en cours sur les méthodologies non-rationnelles, les modes de vie nomades New Age et le chamanisme. Ces recherches ont débouché́ sur un ensemble de travaux intitulé Healing the Museum, qui visait à réactiver le « caractère sacré » des espaces artistiques et à rétablir une relation significative entre les musées et leur public.

 

Repenser les collections – Comment féminiser et décoloniser les collections ? Une conversation entre Anne Wetsi Mpoma et Pascale Obolo

Une discussion sur comment féminiser une collection et produire des contre-récits sur base des expériences professionnelles des penseuses et militantes décoloniales Pascale Obolo (Revue Afrikadaa, Museum On/Off – Musée l’ont l’eux) et Anne Wetsi Mpoma (Wetsi Art Gallery, Essai :  Décoloniser les arts et la culture en contexte postcolonial dans Being imposed upon). Les deux interlocutrices présentent également le projet d’exposition Through her (true her) qui tente de répondre à ces problématiques sur les relations entre les publics et artistes racisé·e·s et les musées.

 

Repenser les pratiques – Queering the museum par Claire Mead

Qu’est-ce qu’une pratique queer au sein du musée et des archives, en termes de représentation et de travail avec les communautés LGBTQI ? Comment réinventer nos manières de partager ces histoires et identités, afin de mettre en avant les voix féministes, lesbiennes et trans souvent oubliées par les institutions culturelles ? Claire Mead présente ces expériences et les obstacles qu’il reste à franchir, en tant que curatrice et activiste queer.

 

Repenser les archives – Belgian Black Archives par Aminata Ndow & Olga Briard (Black History Month Belgium)

En 2021, le Black History Month en Belgique sera consacré à l’archivage et à la documentation du passé et du présent des noirs en Belgique. L’objectif est de travailler à la création d’un centre d’archives contrôlé et dirigé par la communauté noire, qui rassemblera des œuvres documentaires, audiovisuelles, numériques, matérielles et artistiques liées à la diaspora noire en Belgique. Leur mission est de fournir activement des matériaux qui expriment et représentent l’expérience des noirs en Belgique, à la fois passée et présente, du point de vue des noirs. Le but ultime est d’acquérir une compréhension plus complète de l’expérience des noirs en Belgique à travers des sources primaires et de fournir des informations qui éclairent la construction d’identités personnelles et communautaires, ainsi que la vie sociale et les souvenirs partagés des communautés noires en Belgique.

Le mois de mars est perçu comme un laboratoire de ce à quoi pourraient ressembler les Belgian Black Archives. En réfléchissant à la fois à de nouvelles manières d’archiver et en plongeant dans les archives existantes. Des archives qui ont souvent émergé dans un cadre blanc et eurocentrique et qui gagneraient particulièrement à être vues à travers une perspective noire.

 

Repenser les structures: l’inclusion dans l’ADN du musée par Aspha Bijnaar (Musea Bekennen Kleur, Netherlands)

 En mars 2020, le partenariat Musea Bekennen Kleur (Les musées montrent leurs vraies couleurs) a été lancé lors de l’ouverture de l’exposition Black in Rembrandt’s Time à la Zuiderkerk d’Amsterdam. Musea Bekennen Kleur est la première plateforme dans le monde des musées où les musées peuvent entrer dans un dialogue approfondi les uns avec les autres sur la question de savoir comment ils peuvent réaliser ensemble la diversité et l’inclusion. L’objectif est d’unir durablement les musées dans leurs efforts pour véritablement ancrer la diversité et l’inclusion dans l’ADN des différentes organisations. Pour ce faire, ils se concentrent sur les quatre « P » : programme, public, personnel et partenaires, avec un espace pour l’échange de connaissances et l’(auto-)réflexion. Avec Musea Bekennen Kleur, les musées participants ont pour objectif de renforcer leurs efforts ensemble.

 

Repenser l’héritage culturel : Emotion Networking par Hester Dibbits (Reinwardt Academie Heritage Lab, Netherlands)

Emotion Networking est une méthode de discussion ou de négociation visant à comprendre les autres et les points de vue alternatifs – plutôt que d’arriver à une conclusion ou un compromis commun. L’Emotion Networking trouve son origine dans la pratique du travail sur l’héritage culturel : si ceci nous dit qui nous sommes et qui nous voulons être, alors chacun devrait avoir son mot à dire sur ce que cela signifie réellement.

La mise en réseau des émotions autour des objets du patrimoine conduit à une sagesse du patrimoine. Le sens que nous attachons aux objets (matériels ou immatériels) est fluide et peut prendre de nombreuses formes au fil du temps. La sagesse patrimoniale reconnaît que l’héritage culturel n’est pas une donnée, mais un choix. Ce choix est le résultat temporaire d’une négociation, d’une conversation à laquelle, idéalement, tout le monde peut participer. La mise en réseau des émotions et la sagesse patrimoniale sont des compétences qui s’avèrent utiles dans les débats sur l’identité et l’identification. Elles travaillent contre la fragmentation et pour la connexion.